Isla Saona couvre 110 km² et vit d’une seule chose, la journée en mer depuis Bayahibe, avec son village de Mano Juan et ses piscines naturelles. Isla Catalina tient sur 9,6 km², reste inhabitée et joue la carte sous-marine : récifs à quelques mètres du bord, tombant de The Wall, épave du Quedagh Merchant par 2,40 m de fond. Saona pour marcher et rencontrer, Catalina pour mettre la tête sous l’eau.
Choisir entre Isla Saona et Isla Catalina se joue moins sur les deux îles que sur la façon d’y aller. Des dizaines d’opérateurs vendent la même journée à des prix très différents. Catamaran musical, lancha rapide en groupe, sortie privatisée, guide agréé ou non : la formule change tout, du nombre de personnes sur le sable à l’heure d’arrivée sur la plage.
Les deux îles tiennent leurs promesses. La question utile est le format de la journée, et c’est celle que la plupart des pages laissent de côté.
Isla Saona ou Isla Catalina : ce qui change vraiment
| Critère | Isla Saona | Isla Catalina |
|---|---|---|
| Superficie | 110 km², 22 km de long | 9,6 km², 4,5 km de long |
| Statut | Parc national Cotubanamá | Aires spéciales protégées de La Romana-Bayahíbe |
| Habitants | Environ 300, à Mano Juan et Catuano | Aucun |
| Distance de la côte | 2,4 km au sud de la péninsule | 2,4 km au large de La Romana |
| Départ le plus court | Bayahibe | La Romana ou Bayahibe |
| Point fort | Plages longues, village, piscines naturelles | Snorkeling depuis le bord, plongée, épave |
| Fréquentation | La plus forte du pays | Plus faible, sauf jour d’escale de croisière |
| Profil de voyageur | Famille, première fois, marche et rencontres | Snorkeleur, plongeur, journée calme |
Le point de départ décide de la journée. Depuis Bayahibe, les deux îles se rejoignent en moins d’une heure de navigation. Depuis Punta Cana, il faut ajouter environ deux heures de route aller et autant au retour, souvent avec un ramassage avant 7 h. Même excursion, deux fatigues différentes.
Isla Saona, la grande île du parc Cotubanamá
Située au large de Bayahibe, dans le parc national Cotubanamá, Isla Saona est l’île la plus visitée du pays. Le parc a pris ce nom en octobre 2014, par la loi 519-14, en référence au cacique taïno Cotubanamá. Il couvre 791,9 km², zone marine comprise.
Une île longue et plate
Saona s’étire sur 22 km de long pour 5 à 6 km de large, soit 110 km². Le relief dépasse à peine 35 m. On y trouve de longues plages bordées de cocotiers, des bancs de sable au ras de l’eau appelés piscines naturelles, et des mangroves sur la côte nord. Les Taïnos l’appelaient Adamanay.
Mano Juan, le seul village animé
À l’extrémité sud, le village de pêcheurs de Mano Juan aligne ses maisons de bois peintes face à la mer. L’île compte environ 300 habitants, répartis entre Mano Juan et Catuano, où se trouve un poste militaire. On se déplace à pied, à vélo ou en moto-taxi. Quelques restaurants, un colmado, de l’artisanat, un centre de protection des tortues marines.
Peut-on dormir à Saona ?
L’offre hôtelière est quasi inexistante. Quelques casitas se louent à Mano Juan, sans infrastructure touristique. Dormir sur l’île reste possible et rustique, avec des coupures d’électricité fréquentes. La plupart des voyageurs logent à Bayahibe et repartent le lendemain vers l’autre île.
Notre journée à Saona, en petit groupe
Nous partons de Bayahibe avec 6 à 12 personnes, pas davantage, pour une journée complète en mer dans le parc Cotubanamá.
Le déroulé
- Navigation le long des mangroves, observation des étoiles de mer, parfois une tortue depuis le bateau.
- Escale à Mano Juan, rencontre avec les habitants et visite du centre de protection des tortues marines.
- Déjeuner dans un restaurant du village, face à la mer, langouste ou poulpe grillé selon l’arrivage.
- Marche jusqu’à Canto de la Playa, à la pointe est, la plage la moins fréquentée de l’île. Snorkeling dans un lagon peu profond.
- Arrêt aux piscines naturelles, ces bancs de sable où l’eau arrive à la taille, en fin de journée quand les catamarans sont repartis.
Isla Catalina, l’île qui se visite sous l’eau
Face à La Romana, à 2,4 km de la côte, Isla Catalina couvre 9,6 km² et n’a aucun habitant permanent. Elle se rejoint en une trentaine de minutes de bateau depuis La Romana, un peu plus depuis Bayahibe.
Le récif commence à quelques mètres du rivage. En palmes et masque, on voit poissons tropicaux, éponges et coraux sans jamais perdre pied longtemps. Les plongeurs certifiés descendent sur The Wall, un tombant qui démarre vers 10 m et plonge bien au-delà, à l’ouest de l’île.
L’épave du Quedagh Merchant
En 2007, un pratiquant de snorkeling repère un amas de canons à 25 m du rivage rocheux. L’Office national du patrimoine culturel subaquatique alerte l’université d’Indiana, dont l’équipe identifie le Quedagh Merchant, navire abandonné par le corsaire William Kidd en 1699. Le site compte 26 canons et trois couronnes d’ancre, par 2,40 m d’eau seulement. Classé Living Museum in the Sea, il se visite en snorkeling comme en plongée.
Si Saona se parcourt à pied et se raconte par son village, Catalina se joue dans l’eau. Elle convient aux voyageurs qui veulent nager, plonger et rentrer sans avoir enchaîné les transferts.
Quand y aller et combien de temps prévoir ?
Les deux îles se visitent toute l’année. La saison sèche, de décembre à avril, donne la mer la plus plate et la meilleure visibilité sous l’eau, autour de 20 à 30 m à Catalina. La saison cyclonique court du 1er juin au 30 novembre dans l’Atlantique nord, avec un pic en août et septembre : les sorties sont alors annulées plus souvent, parfois le matin même.
Comptez une journée complète par île. Les deux le même jour existe et se termine mal : deux escales expédiées, beaucoup de bateau, peu d’eau. Sur trois nuits à Bayahibe, le rythme confortable est Saona un jour, repos ou grottes le lendemain, Catalina le troisième. L’affluence se joue à l’heure : les gros catamarans arrivent vers 11 h et repartent vers 15 h 30.
Où dormir pour visiter Saona et Catalina ?
Bayahibe reste la base la plus cohérente : village de pêcheurs devenu port d’embarquement, tous les départs partent de là ou de la marina voisine de Dominicus. L’offre va de la petite posada au grand tout compris, avec des restaurants ouverts le soir, ce qui n’est pas le cas partout sur la côte.
La Romana convient si Catalina est la priorité, avec le trajet le plus court vers l’île. Punta Cana et Bávaro restent possibles, au prix de deux heures de route par trajet. Sur le coût d’une journée en mer, la page budget d’un voyage en République dominicaine donne les ordres de grandeur. Les spots de plongée et de snorkeling replacent Catalina dans le reste du pays.
Questions fréquentes sur Isla Saona et Isla Catalina
Quelle île est la plus visitée ?
Isla Saona, de loin. C’est le site le plus fréquenté du parc Cotubanamá, alimenté par les excursions à la journée depuis Punta Cana et Bayahibe. Isla Catalina reçoit moins de monde, sauf les jours d’escale de croisière, où une partie de la plage est privatisée par la compagnie.
Quelle île choisir pour la plongée ?
Isla Catalina. Le tombant de The Wall et l’épave du Quedagh Merchant, par 2,40 m de fond, se font dans la même sortie. Saona reste meilleure pour le snorkeling facile en lagon peu profond, avec des étoiles de mer et des herbiers plutôt que du récif.
Peut-on éviter les grands groupes ?
Oui, en jouant sur le format et l’horaire. Une sortie en petit comité ou un bateau privatisé permet d’arriver avant les catamarans et de rester après leur départ. Nous sélectionnons les opérateurs sur nos propres repérages et les retours de nos voyageurs.
Où loger pour visiter Saona et Catalina ?
Bayahibe. Le village est le point de départ des deux sorties, il est plus calme que Punta Cana et évite deux heures de route par trajet. La Romana est l’alternative quand Catalina passe en priorité.
Comment se déplace-t-on sur Saona ?
À pied, à vélo ou en moto-taxi dans Mano Juan, qui se traverse en quelques minutes. Il n’existe pas de route reliant les plages de l’île : Canto de la Playa, les piscines naturelles et la côte nord se rejoignent en bateau.
Isla Catalina et Isla Catalinita, est-ce la même île ?
Non. Isla Catalinita est un îlot de 22 hectares situé au nord-est de Saona, dans le parc Cotubanamá, connu pour ses sites de plongée et ses raies. Isla Catalina se trouve à une quarantaine de kilomètres à l’ouest, face à La Romana.
Y a-t-il des requins ou des dangers dans l’eau ?
Les récifs de Catalina n’ont pas de sites à requins. Les incidents concernent plutôt le soleil, les oursins et les courants au bout des pointes. Sur les mesures de prudence générales, voir notre page sur la sécurité en République dominicaine.
Faut-il payer une entrée pour le parc Cotubanamá ?
Oui, un droit d’entrée est perçu à Bayahibe pour la partie protégée du parc, avec bracelet obligatoire. Il est presque toujours inclus dans le prix de l’excursion, mais cela se vérifie avant de réserver, le montant étant réévalué par le ministère de l’Environnement.
Mise à jour : le 16 août 2026
À propos de l’auteure
Laura Grenouillet est fondatrice de Terra Dominicana et spécialiste des Caraïbes depuis plus de 7 ans. Installée en République dominicaine, elle sillonne régulièrement la côte Est, Bayahibe et les îles de Saona et Catalina afin d’identifier les prestataires les plus fiables et les expériences réellement qualitatives.
Son approche : privilégier les petits comités et les rencontres locales, loin des excursions standardisées. Elle accompagne des voyageurs francophones et anglophones dans la construction d’itinéraires sur mesure, adaptés à leur rythme et à leurs attentes.
Sources
- UNESCO, liste indicative, Parque Nacional Cotubanamá
- Indiana University, Center for Underwater Science, Captain Kidd’s Quedagh Merchant
- Indiana University, Living Museums in the Sea, République dominicaine
- Go Dominican Republic, Isla Saona
- Visit Dominican Republic, Parque Nacional Cotubanamá
- Repérages terrain et sélection de partenaires, Terra Dominicana, 2025-2026






