Bayahibe est un ancien village de pêcheurs de la côte sud-est, à 16 km de La Romana et 20 km de son aéroport. On y accède en 25 minutes depuis La Romana (LRM), 1 h à 1 h 30 depuis Punta Cana. C’est la porte d’entrée du Parque Nacional Cotubanamá, 791,9 km² et près de 400 grottes, et le port de départ vers Saona et Catalina. Comptez trois nuits minimum.

Où se trouve Bayahibe et comment s'y rendre ?

Le village occupe une anse orientée au sud-ouest, entre La Romana et la limite occidentale du parc national. La route est goudronnée sur tout le trajet depuis les trois aéroports de la zone, sans portion difficile. L’aéroport de La Romana est le plus proche, mais sa desserte européenne reste limitée, ce qui explique que la plupart des voyageurs arrivent par Punta Cana.

Sur place, les distances se font à pied dans le village. Un véhicule devient utile pour rejoindre Dominicus, Altos de Chavón ou Higüey.

Depuis Distance routière Durée indicative
Aéroport de La Romana (LRM) 20 km 25 min
Aéroport de Punta Cana (PUJ) 95 km 1 h à 1 h 30
Aéroport Las Américas (SDQ), Saint-Domingue 110 km 1 h 30 à 2 h
Ville de La Romana 16 km 20 min
Playa Dominicus 6 km 10 min en voiture, 30 min à pied
Altos de Chavón 25 km 30 min
Higüey 45 km 45 min

Si votre vol atterrit à Punta Cana, prévoyez le transfert dès la réservation. Les taxis de l’aéroport ne desservent pas systématiquement la zone de La Romana, et les navettes collectives partent surtout vers les hôtels de la côte est. Un transfert privé réservé à l’avance reste la solution la plus simple pour un premier jour.

Profiter des plages de Bayahibe et de Dominicus

L’eau y est souvent plus calme que sur la côte Atlantique, ce qui rend la baignade agréable toute l’année. Le littoral alterne plages abritées et criques plus sauvages.

  • Playa Bayahibe : la plage du village, animée au coucher du soleil, bien placée pour voir rentrer les bateaux de pêche.
  • Playa Dominicus : 1,5 km de sable blanc, eaux peu profondes, première plage du continent américain certifiée Bandera Azul, en octobre 2003.

La certification est portée par l’Institut de droit environnemental dominicain pour le compte de la Fondation pour l’éducation environnementale, et elle se renouvelle chaque saison. Elle porte sur la qualité de l’eau, la sécurité et la gestion du site, pas sur la beauté du lieu.

Les plages se remplissent le week-end et en fin de journée : la fréquentation locale est réelle, et elle change l’ambiance. Pour relier les deux plages, un sentier côtier de 30 minutes de marche traverse un morceau de forêt et le bord du village.

Explorer le Parque Nacional Cotubanamá

Bayahibe est la porte d’entrée du Parque Nacional Cotubanamá, une aire protégée de 791,9 km² à cheval sur les provinces de La Altagracia et de La Romana, île de Saona et zone marine comprises. Le parc a été créé par le décret 1311 du 16 septembre 1975, sous le nom de Parque Nacional del Este.

Un nom qui vient de la résistance taïne

Le Congrès dominicain l’a rebaptisé Cotubanamá en 2014, en hommage au chef taïno du cacicazgo de Higüey. Ce dernier a mené la résistance face aux conquistadors espagnols avant d’être exécuté au début du XVIᵉ siècle. Le parc est entré en 2021 dans le protocole SPAW de la convention de Carthagène, qui protège les aires marines de la Grande Caraïbe.

Forêts sèches, mangroves et oiseaux

Les inventaires officiels y recensent 539 espèces de plantes, dont une cinquantaine endémiques d’Hispaniola, et 112 espèces d’oiseaux, dont huit endémiques. Les mangroves et les lagunes côtières abritent hérons, frégates et pélicans. On croise parfois des dauphins au large, plus rarement des lamantins.

Près de 400 grottes

Le parc compte environ 400 grottes, alimentées par des eaux filtrées à travers la roche corallienne. Plusieurs fournissent l’eau potable du village et de la zone hôtelière, ce qui explique la sévérité des règles d’accès.

  • Cueva del Puente : vaste cavité à trois niveaux, stalactites et pictogrammes taïnos, casque et lampe frontale nécessaires.
  • Sendero Padre Nuestro : sentier d’environ 2 km au départ de la route de Dominicus, pétroglyphes, et lagunes souterraines où la baignade est possible.
  • Cueva de Chicho : lagune souterraine au bout du sentier, plongée en grotte réservée aux certifiés.

Pour élargir le sujet, voir notre guide des grottes et cénotes de République dominicaine.

L’accès au parc se paie au bureau situé à l’entrée de Bayahibe, contre un bracelet obligatoire. Le tarif du secteur Padre Nuestro est de 200 pesos par personne, soit environ 3 euros. Chaussures fermées, lampe et bouteille d’eau sont utiles : le sentier passe sur du calcaire coupant et les grottes ne sont pas éclairées.

Isla Saona et Isla Catalina : bien choisir son excursion

Isla Saona fait partie du parc national. Elle mesure 22 km de long pour 110 km², compte deux villages, Mano Juan et Catuano, et reste l’île la plus visitée du pays. Les excursions à la journée partent du port de Bayahibe en bateau rapide ou en catamaran, avec arrêt sur les piscines naturelles où se tiennent les étoiles de mer.

Isla Catalina, au large de La Romana, est un monument naturel distinct du parc Cotubanamá. Elle est surtout recherchée pour la plongée bouteille, notamment sur le tombant et sur l’épave dite du capitaine Kidd.

Aucune des deux îles n’est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, contrairement à ce qu’affirment plusieurs guides francophones. En République dominicaine, un seul bien figure sur cette liste : la Ciudad Colonial de Saint-Domingue, inscrite en 1990.

Autour de Bayahibe, les récifs sont accessibles dès la sortie du port, et le snorkeling se pratique sans bateau depuis Dominicus. Notre panorama des spots de plongée et de snorkeling détaille les niveaux requis.

Notre point d’attention : entre sorties festives en grands groupes, catamarans sonorisés et excursions plus calmes, l’écart de qualité est important. Pour arbitrer, voir comment choisir entre Isla Saona et Isla Catalina.

Altos de Chavón & Río Chavón : parenthèse artistique et panoramas tropicaux

À proximité, Altos de Chavón, village d’inspiration méditerranéenne surplombant le Río Chavón, mérite une visite. Ce village en pierre, inauguré en 1976, est la réplique d’une cité méditerranéenne du XVIᵉ siècle. Imaginé par Charles Bluhdorn, alors président de Gulf & Western, il a été dessiné par l’architecte dominicain José Antonio Caro et construit dans le respect des techniques et matériaux traditionnels.

Le lieu est entièrement dédié aux arts : galeries, ateliers d’artisans, école de design affiliée à Parsons School of Design, amphithéâtre en plein air de 5 000 places ayant accueilli de grands noms internationaux. L’ensemble surplombe majestueusement le Río Chavón.

Iglesia San Estanislao

Au cœur du village, l’église San Estanislao domine la vallée. Consacrée en 1979 par le pape Jean-Paul II, elle abrite une statue en bois sculptée à Cracovie ainsi qu’une relique du saint polonais. Sa silhouette romantique et sa vue ouverte sur le fleuve en font l’un des édifices les plus photographiés de la région.

Le Río Chavón : jungle, cinéma et histoire

Le Río Chavón prend sa source à l’intérieur des terres avant de se jeter dans la mer des Caraïbes à La Romana. Autrefois utilisé pour le transport du bois précieux et, selon certaines légendes, refuge de pirates, il est aujourd’hui connu pour ses paysages luxuriants.

Il est possible de découvrir cette rivière et sa végétation lors de navigation, accompagné de guides locaux.  D’ailleurs, vous ne serez pas surpris d’apprendre que grâce à sa nature et ses falaises calcaires, plusieurs films y ont été tournés.

En immersion autour de Higüey

Quittez la côte le temps d’une journée pour une République dominicaine rurale. La journée commence par un moment de partage avec une famille locale, puis par les cultures de la région : cacao, café, canne à sucre.

Direction ensuite Higüey, ville de plus de 250 000 habitants et capitale de la province de La Altagracia, pour sa basilique, principal lieu de pèlerinage du pays. Le marché couvert se visite dans la foulée. Le déjeuner se prend dans une casa típica, autour d’un repas dominicain simple. L’expérience se termine dans une fabrique artisanale de cigares, avec dégustation de rhum et de mamajuana.

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Quand partir et combien de temps rester ?

La saison sèche court de décembre à avril : mer calme, visibilité correcte pour la plongée, températures autour de 28 °C. La saison cyclonique de l’Atlantique s’étend officiellement du 1ᵉʳ juin au 30 novembre, avec un pic statistique entre août et octobre. Les arrivages de sargasses concernent surtout la côte est ; l’anse de Bayahibe, orientée au sud-ouest, est signalée comme moins exposée, sans que cela constitue une garantie.

Sur la durée, trois nuits permettent de faire une île, une sortie plongée ou snorkeling et le sentier du parc. En deux nuits, l’un des trois saute, et c’est presque toujours le parc. Voir aussi notre guide quand partir en République dominicaine.

Période Ce qui joue À prévoir
Décembre à avril Saison sèche, mer plate, haute saison Réserver les excursions à l’avance
Mai à juillet Averses courtes, fréquentation basse Sargasses possibles, tarifs plus doux
Août à octobre Pic de la saison cyclonique, chaleur humide Assurance annulation, souplesse sur les dates
Novembre Fin de saison des pluies Bon compromis entre prix et météo

Bayahibe est-il sûr, et que savoir avant de partir ?

Le village se parcourt à pied de jour comme en début de soirée, et la présence policière est visible autour du port. Les précautions sont celles de toute zone touristique : pas d’objets de valeur sur la plage, vigilance sur les retraits en distributeur isolé. Prudence aussi sur la route la nuit, l’éclairage étant partiel entre le village et Dominicus.

Deux points spécifiques. Les courants restent faibles dans l’anse, mais aucune plage n’est surveillée en dehors des zones hôtelières. Et les excursions vers Saona se réservent auprès d’un opérateur déclaré : le port voit passer des propositions informelles, sans assurance ni gilets aux normes. Notre guide voyager en République dominicaine est-il dangereux détaille le sujet par région.

Où dormir, et quelle ambiance attendre ?

Face à Punta Cana et à Bávaro, dominées par les grands complexes tout compris, Bayahibe garde une vraie vie de village : hôtels à taille humaine, restaurants indépendants, bateaux de pêche au mouillage. Une communauté italienne installée de longue date a laissé sa marque sur la restauration.

Trois formules cohabitent. Le village même concentre les petites structures, guesthouses et apparthôtels, à quelques minutes de la plage publique. Le secteur de Dominicus, à 6 km, regroupe les resorts tout compris en bord de mer. Entre les deux, quelques locations et villas visent les séjours longs et les familles. Pour comparer avec la côte est, voir Punta Cana, Cap Cana et Bávaro.

Combiner Bayahibe avec quelle autre étape ?

Étape Trajet depuis Bayahibe Ce qu’elle apporte
Saint-Domingue 1 h 30 à 2 h Ciudad Colonial, seul bien dominicain classé par l’UNESCO
Punta Cana et Bávaro 1 h à 1 h 30 Plages larges, offre tout compris, vols internationaux
Miches 2 h Côte encore peu construite, lagune et montagne
Boca de Yuma 45 min Entrée est du parc, falaises et village de pêcheurs

FAQ

Que faire à Bayahibe en une journée ?

Le matin, le sentier Padre Nuestro dans le parc Cotubanamá, deux heures de marche et une baignade en grotte pour 200 pesos. L’après-midi, la plage du village puis le sentier côtier vers Dominicus, 30 minutes à pied. Le coucher de soleil se regarde depuis le port, quand les bateaux de pêche rentrent.

Bayahibe ou Punta Cana : que choisir ?

Punta Cana offre des plages plus larges, plus de vols directs et une offre tout compris dense. Bayahibe donne un village habité, l’accès direct au parc national et le port d’embarquement vers Saona. Pour un premier séjour balnéaire sans voiture, Punta Cana. Pour mêler mer, nature et vie locale, Bayahibe.

Quel aéroport pour aller à Bayahibe ?

La Romana (LRM) est le plus proche, 20 km et 25 minutes de route, mais sa desserte depuis l’Europe est saisonnière et peu dense. Punta Cana (PUJ) concentre les vols, à 1 h à 1 h 30. Las Américas (SDQ), à Saint-Domingue, se justifie si vous commencez par la capitale.

Isla Saona est-elle classée à l’UNESCO ?

Non. Isla Saona appartient au Parque Nacional Cotubanamá et relève du protocole SPAW depuis 2021, ce qui est un statut de conservation régional. Le seul bien dominicain inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO est la Ciudad Colonial de Saint-Domingue, en 1990.

Combien coûte l’entrée du parc national Cotubanamá ?

Le secteur Padre Nuestro se paie 200 pesos dominicains par personne, environ 3 euros, au bureau du parc à l’entrée du village. Un bracelet est remis et reste obligatoire pendant la visite. Les excursions en bateau vers Saona intègrent en général le droit d’entrée dans leur tarif.

Mise à jour : le 16 août 2026

À propos de l’auteure

est fondatrice de Terra Dominicana. Après plus de 7 ans à vivre et travailler dans les Caraïbes dans le secteur du voyage sur mesure, elle a choisi de poser ses bagages en République dominicaine pour en révéler une lecture plus profonde.

Installée à Saint-Domingue, elle parcourt régulièrement le pays pour sélectionner des expériences qui ont du sens : nature préservée et étapes loin des grands circuits standardisés. Bayahibe et le Parc National Cotubanamá font partie des régions qu’elle affectionne particulièrement pour leur équilibre entre mer, biodiversité et histoire taïna.